Bulgarie, Macédoine et Albanie en images

Quelques photos de notre « virage » dans les Balkans ont été rassemblées sur www.fonto.ch.

Elles sont consultables directement à cette adresse: http://www.fonto.ch/fr/avelo/bulgarie-macedoine-albanie/

C’est vrai, cette série contient pas mal de clochers et d’auréoles. Mais finalement, c’est de saison, non?

Belles Fêtes de fin d’année à toutes et à tous!

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Albanie… sous la pluie…

En quittant Ohrid, notre hôte Valentin nous prévient: « Vous verrez, là-bas, c’est assez intéressant… Y a des déchets partout, les gens ne savent pas conduire et les routes sont dans un drôle d’état ». L’espace d’un instant, on aurait pu croire qu’il parlait de ce son pays, la Macédoine… Sauf que les routes y étaient plutôt bonnes et les chauffeurs courtois.

Nous entrons en Albanie sous un ciel menaçant. Quelques heures plus tard, nous sommes sous la tente à manger du pop-corn, juste avant les premières gouttes. Le tonnerre gronde, la nuit promet d’être humide…

Terrain peu favorable pour nuit pluvieuse

Terrain peu favorable pour nuit pluvieuse

La première « bosse » passée, une longue descente s’offre à nous; sous une pluie battante. Nous traversons des villages sans nom et sans visage, emmitouflés dans un épais brouillard et ruisselants de toute part. Partout, des déchets; partout, des maisons à moitié construites. L’atmosphère est lourde et collante… Et cette pluie qui ne s’arrête pas…

On ne fait que passer…

On ne fait que passer…

Nous passerons la nuit à proximité du lit d’une rivière, jonché de sacs en plastique, de jouets cassés, de bouteilles en verre et j’en passe… Les pates sont prêtes et le vent se lève. Pendant la nuit, la pluie redouble, rendant le sol spongieux. Un coup de vent plus fort que les autres et deux sardines se font la malle. Il faut sortir, sous un rideau d’eau. Il pleut comme rarement… Le ruisseau de la veille fait un bruit assourdissant. Il faut partir, et vite!

Le petit ruisseau est devenu une grosse rivière…

Le petit ruisseau est devenu une grosse rivière…

La descente se poursuit par une température de 17°C. On roule en short et chemise… sous nos vestes et pantalons de pluie. Le trafic des gros axes nous pousse sur les routes secondaires. L’état secondaire de celles-ci nos renvoie sur les gros axes. Nous sommes obligés de nous arrêter à plusieurs reprises, des fronts d’eau réduisant la visibilité à quelques mètres…

Trempés jusqu’aux os, nous trouvons refuge dans une magnifique pension ottomane, alors qu’un torrent de boue déferle dans les rues pavées du centre historique de Berat. La tempête se calme enfin…

Centre historique de Berat, de nuit mais sans étoile…

Centre historique de Berat, de nuit mais sans étoile…

Reprenant la route, nous continuons à descendre sous un soleil radieux. Nous découvrons alors la campagne albanaise: orangers, citronniers, oliviers. Et partout, un signe de la main, une cigarette ou un petit coup de klaxon en signe de salut. Forts de l’expérience de nos nuits précédentes, nous optons pour la sécurité: dormir sous tente mais sous un toit.

Bon, il n’y a pas que des avantages: le sol est dur et froid, on n’est pas protégé du vent ni des regrats des voisins. Mais bon, au moins, on est à l’abri… pour passer notre seule nuit de camping sans pluie…

Camping en appartement

Camping en appartement

Vendredi 9 décembre, après 86 jours de vélo et 5’700 kilomètres, nous atteignons la mer. Manque de bol, c’est pas la bonne ;-)

C’est vrai, on y a pensé: prendre un bateau, traverser l’Adriatique, remonter l’Italie, contourner les Alpes avant de boucler la boucle. Mais un autre programme nous attend!

Bord de mer, température douce et sable fin: une météo idéale, qui ne va pas durer...

Bord de mer, température douce et sable fin: une météo idéale, qui ne va pas durer...

Maintenant qu’on est au plus bas, il ne reste plus qu’à remonter! 35 kilomètres plus loin, nous camperons à 1’055 mètres au dessus de la mer, sous une pluie diluvienne…

Y en a marre du camping spongieux! Aller, on plie cette tente et on en parle plus! Mais avant faut bien trouver une solution pour la faire sécher!

Buanderie improvisée dans un couloir d'une pension

Buanderie improvisée dans un couloir d'une pension

Longer la mer à vélo est rarement une activité reposante. Le vent y est généralement violent et la route rarement plate. Ici peut-être moins qu’ailleurs. Près de 3’000 mètres de déniveler sur 130 kilomètres de vent et de pluie. Une succession de béquets à plus de 14%, à la montée, comme à la descente. Soudain, dans un virage un peu plus engagé et détrempé que les autres, c’est la chute. Rien de grave, fort heureusement, mais c’est dans ce genre de cas qu’on est bien contant de se trimbaler un casque…

Les côtes sauvages de la mer ionique

Les côtes sauvages de la Mer Ionienne

Reste un col avant de quitter l’Albanie. 490 mètres, une simple formalité. Sauf qu’on est cuit et qu’on n’est pas aidé: un véritable déluge s’abat sur nous. On trouve refuge près d’une station service; un bus passe… et nous embarque. On n’est pas des héros, on n’est pas des masos. Ou alors juste un peu…

On n'a vraiment pas eu de bol en Albanie, même les parasols ne sont pas étanches…

On n'a vraiment pas eu de bol en Albanie, même les parasols ne sont pas étanches…

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Salade de fruits, jolie jolie jolie!

Ingrédients pour réussir une bonne Macédoine:

  • plusieurs kakis et grenades qui pendent encore aux arbres à cette saison
  • quelques raisins quasi secs, oubliés des vendanges
  • deux ou trois pêches pour passer les cols
  • toutes les pommes reçues au bord de la route
  • un peu de gingembre qui pique le visage dans les descentes
  • un pot de miel pour la douceur et la gentillesse des gens
  • une semelle de chaussure… ça ne doit pas améliorer le goût, mais on en trouve beaucoup au bord de la route!
  • un litre de Sinalco, soda très en vogue dans ce petit pays ;-)
  • un noyau pour une frayeur administrative, une loi nous obligeant à nous enregistrer dans un hôtel moins de 24 heures après avoir passé la frontière. Pas facile quand on campe ici où là…
  • du poivre noir, comme les deux heures de route de nuit. C’est que le soleil se couche tôt dans ce pays!
  • quelques feuilles de tabac et des piments qui sèchent au soleil
Lequel de ces kakis vais-je bien choisir?

Lequel de ces kakis vais-je bien choisir?

Pas de poisson dans notre recette, malgré une pèche abondante sur le lac d'Ohrid

Pas de poisson dans notre recette, malgré une pèche abondante sur le lac d'Ohrid

  1. Peler les différents fruits et les couper en morceaux
  2. Râper le gingembre et ajouter
  3. Mélange le miel avec les fruits
  4. Faire tremper la semelle dans de l’eau chaude toute une nuit puis ajouter le jus à la salade
  5. Arroser de Sinalco
  6. Assaisonner de poivre, en fonction de votre goût pour les sensations fortes. Pour notre part, on ne nous y prendra plus… du moins, on l’espère…
  7. Cacher le noyau tout au fond
  8. Laisser reposer la nuit au frais
  9. Répartir dans des petits bols en terre cuite et décorer avec le piment et les feuilles de tabac
  10. Servir sans crème fouettée, ou juste un tout petit nuage. C’est tellement meilleur au soleil!
En route pour un 1er dimanche de l'Avent extraordinaire

En route pour un 1er dimanche de l'Avent extraordinaire

A déguster au coin d’un bon feu de bois en lisant les histoires de la Première Guerre mondiale [1] ou dans la quiétude d’un monastère.

Au cœur du monastère de Treskavec, perché au sommet d'une montagne

Au cœur du monastère de Treskavec, perché au sommet d'une montagne

La petite église de Sveti Jovan at Kaneo surplombe le lac d'Ohrid

La petite église de Sveti Jovan at Kaneo surplombe le lac d'Ohrid

Bon appétit !

Bon, on avoue, on a surtout mangé des pâtes…

Bon, on avoue, on a surtout mangé des pâtes…

 


[1] Les passionnés d’Histoire pourront lire « La balle perdue » , récit de Jean-Marc Meyrat, sur les aventures de son grand-père, fantassin de la « Grande Guerre ». Le billet « Octobre 1915 – mai 1916, le front d’Orient » évoque notamment la vallée du Vardar que nous avons traversée.

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Est ou ouest, faut-il vraiment choisir?

Ca y est, notre boussole se déglingue! On avait bien dit « On part à l’Est! », non? Pourtant, depuis le nord de la Roumanie, on ne s’est pas approché d’un poil du soleil levant… bien au contraire. Même Istanbul ne semble plus être sur notre route. Mais l’a-t-elle vraiment été?

Peu à peu, nos ours changent de personnalité. D’abord simple moyen de transport permettant de se mouvoir d’un point A à un point B, ils deviennent peu à peu un moyen de s’émouvoir en découvrant des régions inconnues. Peu importe qu’il faille tourner à droite ou à gauche pour visiter tel ou tel village. Peu importe que la visite d’un monastère implique un « détour » de trois jours. Notre Route fait fi de toute direction, laissant une infime trace serpentant sur une carte.

Se laisser guider par les opportunités, pour que ce soit le voyage qui nous fasse, et non le contraire

Se laisser guider par les opportunités, pour que ce soit le voyage qui nous fasse, et non le contraire

En longeant la frontière grecque, nous traversons un paysage vallonné, où le thermomètre, la route et notre moral jouent au yoyo. Mais bientôt, la magie du vélo nous gagne: loin du trafic, chaque montée nous plonge dans un état semi-conscient où seuls notre respiration et le chant de nos roues [1] viennent troubler un silence magnifique. Nos têtes se vident… pour se remplir à nouveau de paysages fantastiques à chaque nouvelle descente.

Premiers rayons de soleil sur une campagne prise par le givre

Premiers rayons de soleil sur une campagne prise par le givre

Les villages que nous traversons, à majorité musulmane, semblent endormis pour l’hiver. Chaque fois, une bonne odeur de feu de bois s’échappe des maisons; parfois, le chant du muezzin s’échappe du minaret de la mosquée. Seuls quelques habitants, manifestement moins prévenants que les autres, s’affairent encore à réduire de gigantesques tas de bois. Nous sommes hors du temps, loin des préoccupations de l’Union Européenne qui, de toute évidence, ne se préoccupe pas de villages comme ceux-ci.

Le village de Dospat accroché à flanc de colline

Le village de Dospat accroché à flanc de colline

Retour sur l’autoroute. Celle qui mène à Bansko, station de ski autoproclamée « Capitale d’hiver des Balkans ». Ici aussi, l’hiver promet d’être rude. La crise, le surnombre de lits d’hôtel et la neige qui ne vient pas… Allez, on n’a pas les chaînes, alors on file!

Cap plein ouest! Mais vite, car le soleil s'en va et le mercure chute!

Cap plein ouest! Mais vite, car le soleil s'en va et le mercure chute!

Mais impossible de quitter la Bulgarie sans faire un petit crochet par Rila, où ce trouve  le plus grand monastère du pays. Caché au fond d’une vallée, ce monastère, fondé en l’an 927, joua un rôle important pour la sauvegarde de la culture et la religion bulgares pendant l’occupation ottomane.

L'église de la Nativité, au cœur du monastère de Rila

L'église de la Nativité, au cœur du monastère de Rila

Toit caractéristique du monastère de Rila

Toit caractéristique du monastère de Rila

Une dernière nuit dans un hôtel avant de poursuivre plein ouest, vers ce petit pays méconnu qu’est la Macédoine.



[1] Pour en savoir plus sur cette douce mélodie, nous vous recommandons la lecture du premier livre de Claude Marthaler, Le chant des roues, disponible dans les bonnes librairies, en bibliothèque et au Cyclocampeur. Attention, ça peut donner des idées ;-)

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Quel temps fait-il à Pomporovo?

En quittant Pomporovo le 4 novembre, la météo était encore relativement clémente. Un soleil radieux miroitait sur les forêts multicolores et le thermomètre oscillait entre 5°C et 15°C. Mais à cette saison, les changements peuvent être brutaux, surtout à 1’600 mètres d’altitude…

Alors qu’en est-il, 10 jours après avoir laissé nos vélos dans cette station de ski des Balkans?

Et bien, le soleil est encore de la partie! Ou plutôt, à nouveau, car les sommets sont saupoudrés d’un sucre-glace étincelant. Le ciel magnifiquement bleu contraste avec les vastes étendues d’arbres, parés pour l’hiver.

La nuit tombe vite, et à 18h00, Pomporovo est plongée dans le noir. Il fait -4° degrés sur le balcon de notre hôtel…

Avant de quitter Pomporovo, nous remercions Ekaterina Dafovska, championne olympique de biathlon aux Jeux de Nagano, pour avoir pris soin de nos petites affaires pendant notre absence.

35 kilomètres de descente nous attendent et, autant le dire franchement, on aurait préféré de la montée, tellement il fait froid… Heureusement que le soleil brille et nous réchauffe un tant soit peu. Au loin, de méchants nuages semblent se diriger vers nous.

La rivière, muette comme une carpe, reste de glace à notre passage

La rivière, muette comme une carpe, reste de glace à notre passage

Devin, station réputée pour ces bains thermaux, nous permettra de nous réchauffer et emmagasiner de l’énergie pour la suite. Les choses sont claires, il nous faudra désormais faire avec l’hiver.

Par chance, Valéryne a mis la main sur un bon gros stock de bois!

Par chance, Valéryne a mis la main sur un bon gros stock de bois!

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Mélancolie bulgare…

Changement de pays, de culture, de langue et… d’alphabet! Et là, on part de zéro.

Le cyrillique, c’est pas facile facile… Si certains caractères sont identiques au latin (comme le « a », le « m » ou le « t »), d’autres sont radicalement différents. En plus il y a les faux amis! Ainsi le « v » devient « B », le « n » devient « H », le « h » devient « X ». Quant au « z », il se mute en… « 3 ». Sans parler des majuscules-minuscules et de la prononciation…

Alors ça ne nous aide pas vraiment pour nous orienter, surtout que notre carte est uniquement en latin et les panneaux en bulgare…

Le premier qui met un commentaire avec les trois lieux indiqués sur le panneau gagne une cacahuète ;-)

Le premier qui met un commentaire avec les trois lieux indiqués sur le panneau gagne une cacahuète ;-)

A notre arrivée en Bulgarie, nous croiserons Todor sur son tricycle « fait maison ». Au fil du temps, Todor a mis en place une petite entreprise de transport de personnes avec des vélos à Paris, à Cannes, en Espagne et bientôt à Londres. Plus d’une vingtaine de rickshaws, tous sortis de son atelier, promènent ainsi les touristes pour des balades insolites, confortables et en musique!

Après une première escapade en Europe, Todor prépare un tour du monde avec son rickshaw. Et ce soir, c’est chez lui, autour d’un bon souper bulgare, que nous parlerons vélo, vélo, vélo…

Avec Todor, entrepreneur et véritable acteur de la mobilité douce

Avec Todor, entrepreneur et véritable acteur de la mobilité douce

Tiens! En parlant de vélo, comment vont nos ours? Plus de 4’000 kilomètres et toujours zéro crevaison au compteur. Par contre, un « léger » voilage est apparu sur nos roues arrière! Un nettoyage complet de nos montures nous permettra d’en identifier la cause…

Jante DT Swiss X450 après 4'000 km de route: no comment!

Jante DT Swiss X450 après 4'000 km de route: no comment!

Bien! Nous sommes à Русе, en България, avec deux капла hors d’usage!
(Pas si difficile que ça le bulgare non?!?)

On pourrait croire la situation critique… Sauf qu’à deux pas de notre auberge se trouve LE magasin de vélo de Bulgarie, avec LE mécano qu’il nous faut. Plus de 2 heures de job par roue, du matériel d’enfer et un travail de précision. L’espace d’un instant, on se serait cru à la Vallée de Joux.

Trouver un magasin pareil, avec un type pareil, dans un endroit pareil? Impossible, sauf si on y croit!

Trouver un magasin pareil, avec un type pareil, dans un endroit pareil? Impossible, sauf si on y croit!

Alors que nos vélos sont entre de bonnes mains, nous apprenons l’hospitalisation d’une amie, proche de Valéryne.

Nous remettre en route est difficile. La fatigue accumulée ces derniers mois se fait sentir et la météo ne nous aide pas. Le ciel est gris, le vent glacial. Et nos pensées continuent à vagabonder entre hier, aujourd’hui et demain; entre notre point de départ, ici et la suite…

L’automne bulgare nous emporte vers le sud, à la recherche d’un peu de chaleur. Mais monastères troglodytes, églises fortifiées et vestiges romains n’y changeront rien; la mélancolie nous gagne…

Le monastère de Basarbovo est le dernier monastère troglodyte en activité de Bulgarie

Le monastère de Basarbovo est le dernier monastère troglodyte en activité de Bulgarie

Forteresse de Tsarevets à Veliko Tarnovo, protégée par des remparts et les méandres de la Yantra

Forteresse de Tsarevets à Veliko Tarnovo, protégée par des remparts et les méandres de la Yantra

Amphithéâtre romain de Plovdiv, construit au 2ème siècle

Amphithéâtre romain de Plovdiv, construit au 2ème siècle

A la croisée des chemins, la Bulgarie surprend par ces différentes facettes. Après avoir été envahi, conquis et occupé par les Grecs, les Romains, les Byzantins puis les Turcs, le pays a passé quarante ans dernier le rideau de fer avant de rejoindre l’Union Européenne en 2007. Tout ceci laisse des traces, tant dans l’architecture, la culture ou la gastronomie.

L'intérieur plein d'espace de la Mosquée Dzhumaya, à Plovidv

L'intérieur plein d'espace de la Mosquée Dzhumaya, à Plovidv

Le soleil brille à nouveau sur les forêts incandescentes des Balkans, alors nous reprenons courage et poursuivons notre route en direction de la Grèce.

La montagne nous en fait voir de toutes les couleurs

La montagne nous en fait voir de toutes les couleurs

L’ascension, longue et rude, nous emmènera jusqu’à une station de ski des Rodopi, déserte en cette saison.

Notre amie s’en est allée pour un long voyage. Nous rentrons en Suisse lui dire adieu.

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La Roumanie en images

Quelques photos de notre slalom dans les Carpates ont été rassemblées sur www.fonto.ch.

Elles sont consultables directement à cette adresse: http://www.fonto.ch/fr/avelo/roumanie/.

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Dracula, nous voilà!

C’est bien connu, la Roumanie est infestée de bêtes féroces. Les loups pour les Maramures, l’ours pour les Carpates et le pire… Dracula pour la Transylvanie.

Mais comment y faire face? Différentes options s’offrent à nous. On tente de les intimider par l’odeur… trois semaines sans lessive semblent efficace contre les loups, ils n’ont pas osé nous approcher. Par contre, ils ont envoyé leurs cousins les chiens tester nos mollets. Entre les errants qui débarquent à peine le pique-nique déballé, les gros molosses de propriétaire qui donnent l’alerte dès qu’on est à la hauteur de leur domaine et les petits calibres qui passent sous le portail pour nous remonter, il s’agit de pédaler fort. De plus, ils semblent s’être donné le mot dans tout le pays.

Pour l’ours, Luc a joué la carte de la séduction et depuis, ils sont les meilleurs amis!

Viens par ici mon petit!

Viens par ici mon petit!

Il ne reste plus que l’homme à la peau pâle et aux longues canines… Pour le repousser, on va tenter la célèbre formule, eau bénite et gousse d’ail. On se met donc à la recherche d’eau bénite. La région de la Bucovine, en Moldavie roumaine, est célèbre pour ses monastères peints. Ce sont de véritable bible en images. L’église, protégée par des remparts, est couverte de peintures tant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Tel un trésor, le monastère de Sucevita est protégé par d'épais remparts

Tel un trésor, le monastère de Sucevita est protégé par d'épais remparts

Dans les différents monastères, on retrouve souvent les mêmes thèmes: à l’extérieur, la genèse, l’arbre de Jessée et le jugement dernier; tandis que l’intérieur illustre le calendrier et ses Saints ainsi que la vie de Jésus de l’Annonciation à Marie jusqu’à la Pentecôte.

Le monastère de Moldovita au petit matin

Le monastère de Moldovita au petit matin

L'égilse du monastère de Sucevita

L'égilse du monastère de Sucevita

Avec l’eau bénite en poche et l’ail au fond de la sacoche, on peut sereinement traverser les Carpates une deuxième fois. Sauf qu’un adversaire de taille pointe le bout de son nez: le froid. On accélère le rythme, histoire de ne pas finir en bonhomme de neige.

A basse altitude, le soleil brille encore, faisant miroiter les belles couleurs de la forêt.

Au pied des Carpates, l'automne transforme la forêt en fresque multicolore

Au pied des Carpates, l'automne transforme la forêt en fresque multicolore

Les "clés de Bicaz", passage stratégique au cœur des Carpates

Les "clés de Bicaz", passage stratégique au cœur des Carpates

Mais plus on monte, plus le brouillard s’épaissit et nous passerons le col dans des conditions… quasi idéales!

Rien que pour la vue, ça valait la peine de monter jusqu'au col!

Rien que pour la vue, ça valait la peine de monter jusqu'au col!

A nouveau en plaine, le temps s’améliore, nous offrant la possibilité d’avaler les kilomètres pour rejoindre rapidement Brasov et le confort d’une auberge.

Poussés par le froid, nous parcourrons près de 320 kilomètres en trois jours

Poussés par le froid, nous parcourrons près de 320 kilomètres en trois jours

Brasov, ville fortifiée et ancienne métropole saxonne

Brasov, ville fortifiée et ancienne métropole saxonne

Tout en recherchant Dracula dans ses nombreuses résidences, nous découvrons vite qu’en Transylvanie, l’ennemi numéro un n’est ni Vlad, ni l’ours, mais bien le froid et la neige.

Dracula, où te caches-tu? Sûrement pas dans le château de Bran

Dracula, où te caches-tu? Sûrement pas dans le château de Bran

Le climat aura donc raison de notre itinéraire. Impossible de prendre la route mythique construite sous Ceausescu à travers les Fagaras, elle est bloquée par la neige et restera fermée jusqu’en juin… C’est donc à regret que nous empruntons la route principale pour rejoindre Bucarest.

Le thermomètre est à zéro, insuffisant pour faire disparaître les chutes de neige de la veille

Le thermomètre est à zéro, insuffisant pour faire disparaître les chutes de neige de la veille

Les quelques jours passés dans la capitale chez Vasile et sa femme sont l’occasion de se reposer, de visiter cette ville hors du commun et surtout de passer des bons moments avec nos amis. Autour d’un bon repas ou d’un match de foot où l’équipe locale perd 5-0, les langues se délient et nous découvrons les problèmes auxquels sont confrontés les Roumains.

Bucarest est une ville à l’architecture étonnante, un mélange de bâtiments néoclassiques et de blocs communistes.  Sous la présidence de Nicolae Ceausescu, la plus grande partie du centre historique de la ville a été détruite et remplacée par des immeubles au style soviétique.

La "maison du Peuple", actuel siège du Parlement roumain. Plus de 20 minutes de vélo pour en faire le tour!

La "maison du Peuple", actuel siège du Parlement roumain. Plus de 20 minutes de vélo pour en faire le tour!

Qu'on aime ou qu'on aime pas. ça a quand même un certain style...

Qu'on aime ou qu'on aime pas, ça a quand même un certain style...

L'Athénée roumain, dans le centre historique de Bucarest

L'Athénée roumain, dans le centre historique de Bucarest

En traversant trois fois les Carpates, nous n’aurons finalement ni rencontré Dracula, ni chassé l’ours, mais nous aurons été marqués par la beauté des paysages et par la gentillesse des Roumains. Nous nous souviendrons longtemps de l’accueil chaleureux de Vasile et sa femme, des pensions agrotouristiques où tout est bon, de ce couple qui nous a offert à manger sans savoir que ce serait le repas d’anniversaire de Luc, des signes d’encouragements sur la route et de nos sacoches pleines de fruits, de poisson, de miel.

C’est donc un peu tristes mais enthousiasmés par la suite que nous traversons le Danube pour rejoindre le Bulgarie!

1'800 kilomètres après l'avoir quitté en Hongrie, nous retrouvons une dernière fois le Danube.

1'800 kilomètres après l'avoir quitté en Hongrie, nous retrouvons une dernière fois le Danube.

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En route pour les Carpates

Le passage de la frontière entre la Hongrie et la Roumanie s’accompagne de quelques nouvelles.

Tout d’abord, les bonnes:

  • Nous sommes à nouveau à même de communiquer! En tant que langue latine, le roumain se laisse lire et prononcer sans (trop) de difficultés;
  • Malgré l’espace Schengen, les moustiques hongrois sont restés bloqués à la frontière;
  • On aperçoit des collines à l’horizon!

Et quelques moins bonnes:

  • La vitesse est limitée à 100 km/h en dehors des localités, mais personne ne semble s’en soucier…
  • Les moustiques ont été remplacés par des chiens errants… Pas très sympa, ni pour bivouaquer, ni pour piqueniquer…
  • Les champs sont parsemés de colchiques qui annoncent la fin de l’été.

Ce nouveau changement de pays implique également un changement de carte. L’échelle de notre carte nationale passe du 1/300’000 pour la Hongrie au 1/800’000 pour la Roumanie. Nous mollets ne risquent pas de chômer…

On a mis la main sur un « câble » de tractage, en cas de défaillance dans les Carpates

On a mis la main sur un « câble » de tractage, en cas de défaillance dans les Carpates

Nous nous empressons de quitter la pleine pour franchir notre premier col depuis des semaines, à quelques 500 mètres d’altitude. Passé cette « bosse », tout devient différent.

La route déroule ses lacets à travers les forêts et les prairies verdoyantes du nord de la Roumanie. Nous longeons la Tysa, qui marque la frontière avec l’Ukraine, avant de visiter un cimetière des plus étonnants. Chacune des quelques 800 tombes qui occupent l’endroit est ornementée d’une croix en bois gravée et peinte à l’image de la vie de celui qu’elle honore. On y trouve le paysan et son tracteur, le bûcheron avec sa hache, celui qui s’est planté avec sa voiture, l’institutrice, le facteur, le mineur et même un cycliste!

Le "cimetière joyeux" de Sapanta, véritable chronique d’une communauté

Le "cimetière joyeux" de Sapanta, véritable chronique d’une communauté

Dans le cimetière de Sapanta, la tristesse de la mort cède la place à la beauté de la diversité de nos vies. En quittant cet endroit, une petite voix me murmure à l’oreille: « Et toi mon P’tit-Lulu, quand ton heure sera venue, tu aimerais qu’on y dessine quoi sur ta planche de bois ? »

Quelques kilomètres plus loin, une autre vision de la mort nous attend. Nous sommes dans la prison de haute sécurité de Sighetu Marmatiei. Sur les murs, des centaines et des centaines de portraits de ceux qui, d’une façon ou d’une autre, se sont opposés au communisme. Salles de torture, chambres noires et autres cellules de détention servent aujourd’hui de témoins de ce qui fût les heures sombres de l’histoire contemporaine roumaine.

Les trois étages de cellules de la prison de haute sécurité de "Sighet"

Les trois étages de cellules de la prison de haute sécurité de "Sighet"

Parcourir le nord de la Roumanie à vélo est un véritable régal. Dans la région vallonnée des Maramures sont disséminées de magnifiques églises en bois et maisons traditionnelles. Ici, la vie ne semble pas vraiment s’être accélérer et il n’est pas rare que nous dépassions des véhicules à deux chevaux mais sans moteur.

Eglises typiques de Maramures: Sapanta, Barsana et Poienile Izei

Eglises typiques de Maramures: Sapanta, Barsana et Poienile Izei

La météo est superbe pour la saison même si beaucoup souhaiteraient que la pluie vienne grossir les ruisseaux. Si la majeure partie des habitations a l’électricité, rares sont celles  avec eau courante. De grandes jarres servent de réserve pour la saison sèche et un cabanon est à disposition un peu plus loin en cas de besoin(s).

Ici, la plus part des travaux agricoles se font à la main ou avec l’aide précieuse des chevaux

Ici, la plus part des travaux agricoles se font à la main ou avec l’aide précieuse des chevaux

Mise à l’abri du maïs qui servira de fourrage aux animaux pendant l’hiver

Mise à l’abri du maïs qui servira de fourrage aux animaux pendant l’hiver

Si les journées sont belles et chaudes, les nuits deviennent de plus fraîches. Six petits degrés ce matin à l’intérieur de la tente. Dehors, l’herbe est toute givrée. Mais les Roumains, par leur gentillesse et leur sens de l’accueil, sauront nous réchauffer. Il y aura Gheorghe qui, en plus de nous prêter un bout de son champ pour la nuit, nous apportera du raisin et des noix. Puis, chez Domnita, nous rencontrerons Vasile et sa femme qui viennent passer quelques jours loin de Bucarest. Et tant d’autres qui nous accueilleront dans leur jardin ou nous offriront des fruits sur le bord de la route.

A l’heure du déjeuner, sur les terres à Gheorghe à Sarbi

A l’heure du déjeuner, sur les terres à Gheorghe à Sarbi

Petit digestif chez Donita: myrtille pour les filles, pruneau pour les costauds

Petit digestif chez Donita: myrtille pour les filles, pruneau pour les costauds

Le col de Prislop, à 1’416 mètres, marque notre première traversée des Carpates. Alors que le soleil est encore haut, nous passons devant un panneau indiquant une pension avec terrain de camping. Pourquoi nous arrêter en si bon chemin alors que nous avons tout pour aller planter notre tente en pleine nature? C’est pourtant ici, dans le jardin de Vladimir, que nous passerons la nuit, comme l’avaient fait Prisca et Yvan quelques années plus tôt lors de leur trip entre Renens et Dharamshala (www.chemindesecoles.ch).

A travers les Carpates: pentes douces et forêt multicolore

A travers les Carpates: pentes douces et forêt multicolore

Vladimir est un grand voyageur. Non pas qu’il soit allé partout, mais il aime la notion même du voyage, celle qui permet de s’ouvrir à l’inconnu et de découvrir ce qu’on ignore, même si c’est à côté de chez soi, voire même en soi. Alors ce soir, on part en voyage à bord de la vieille Traban qui rouille dans le jardin.

Le lendemain matin, arrive un couple de Lonay, amis de longue date de Vladimir. Au fil du temps, ils ont mis en place (entre autres) un réseau de ludothèques dans les villages des alentours. Projet concret, qui demande engagement et persévérance et qui, au final, améliore le quotidien des enfants de toute une région. Ce n’est qu’à l’heure de départ que nous apprendrons qu’ils sont les parents d’un pote d’apprentissage!

Décidément, il fallait qu’on s’arrête chez Vladimir!

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La Hongrie en images

Quelques photos de notre traversée de la Grande Plaine hongroise ont été rassemblées sur www.fonto.ch.

Elles sont consultables directement à cette adresse: http://www.fonto.ch/fr/avelo/hongrie/.

Quant aux photos de Budapest by night, on a foiré la carte mémoire…

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