P comme…

P comme paranoïa

La décision de revenir en Europe à peine prise que, déjà, les premières mises en garde font leur apparition dans nos boîtes aux lettres électroniques. « La situation au Portugal est assez tendue » nous prévient-on. « L’Europe est en crise! » pensent nous informer certains. D’autres encore nous annoncent que, malheureusement, la météo y sera exécrable; des visionnaires sans doute…

Pont suspendu sur le Tage, lui qui a vu partir les plus grands explorateurs

Pont suspendu sur le Tage, lui qui a vu partir les plus grands explorateurs

Le phénomène n’est pas nouveau (ni limité au contexte du voyage…). Lors de notre arrivée à Vancouver, ce sont les attentats au marathon de Boston (situé à 4’000 kilomètres de là…) qui apportèrent leur lot de nouvelles alarmistes. Quant à l’Iran, nous avions reçu un message préventif on ne peut plus clair: « N’allez pas là-bas! ». Nous y sommes allés là-bas, et on a vraiment bien fait.[1]

Lorsque les mises en garde ne nous parviennent pas en version électronique, elles viennent directement de la rue. Certains Hongrois nous ont mis en garde contre les Roumains, certains Roumains nous ont mis en grade contre les Bulgares, certains Bulgares contre les Turcs, etc. En Inde et aux Etats-Unis, c’était envers les habitants de l’Etat voisin. Pendant ce temps, en Suisse, certains politiciens s’époumonent à mettre le peuple en garde contre… les étrangers.

Insécurité, violence, crise, danger, menaces, guerres, terrorisme, catastrophes, mort… Voilà des thèmes bien connus et récurrents. Vendeurs même, diront certains. Vendeurs… Et si on arrêtait de les acheter l’espace d’un instant?

Plus de deux ans sans télévision, sans radio ni journaux… Le plus fou, c’est que ça manque… un peu… des fois. Tellement habitués à consommer des nouvelles qui sont déjà anciennes (et qui parfois n’en sont même pas) que le fait de ne plus y avoir accès devient presque angoissant. « Peut-être que vais-je rater quelque chose d’important… » Et si, la seule chose qui soit vraiment important, c’était l’impact de sa propre vie…

Au final, le constat est le suivant: le monde tel que décrit aux « actualités » n’existe pas. Et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle. Non?

P comme poubelle

Mais la vraie mauvaise nouvelle que tout le monde connait déjà est celle-ci: notre planète est une poubelle. On y trouve des déchets partout, plastique en tête, mais pas seulement. Evidemment, ce fût particulièrement flagrant en Albanie ou en Inde, mais les autres pays ne sont pas en reste, pays dits « développés » compris.

Si les lieux touristiques sont généralement plutôt « proprets », à peine on quitte les zones mercatiques que la situation se dégrade fortement, et ce jusqu’au plus profond des forêts. Dès qu’il y a une route ou un chemin, les bas-côtés sont entachés de détritus divers et variés.

Place et ruelle de Lisbonne

Place et ruelle de Lisbonne

C’est fou tout ce qu’on peut voir du haut de nos petits vélos ou de notre tente… Appareils et déchets ménagers, matériaux de construction, pneus, tessons de bouteille, etc. Ils sont partout, et pour longtemps. Sans parler des lieux à l’abandon. Drôle de cadeau pour les générations à venir…

Sur nos petits vélos, nous ne sommes pas parfaits non plus, loin de là. Certes, pédaler ne pollue pas, mais il y a le matériel, les transports en commun (dont l’avion), l’essence et les emballages liés à notre alimentation. Ah, les emballages… En consommant, on pollue, c’est un fait. Mais est-ce une raison suffisante pour laisser des déchets partout?

Murs de Lisbonne: entre lessive et azulejos

Murs de Lisbonne: entre lessive et azulejos

Difficile d’être optimiste au sujet des déchets. Cependant, des initiatives existent et elles font peu à peu leurs preuves. Un Albanais nous dit un jour: « Je gagne ma vie en récupérant tout ce que je peux. Et en partant d’un objet qui ne vaut plus rien, j’arrive à en tirer profit ». Recyclage quand tu nous tiens…

P comme plaisir

Oh oui, on a eu du plaisir à revenir sur le « vieux contient ». Retrouver les vieilles pierres, parcourir les rues pavées et profiter des terrasses ensoleillées de Lisbonne. C’est vrai qu’elle fait un peu « dépravée » cette ville avec ses murs décrépits et taggés, ses bâtiments en ruine et ses zonards. Dépravée mais tellement vivante! De vieux trams sillonnent la ville, le linge sèche aux fenêtres, les terrasses s’animent tandis que quelques mendiants quêtent dans l’espoir d’une petite pièce…

Dans les rues de Lisbonne, les trams se faufilent entre les bâtiments historiques

Dans les rues de Lisbonne, les trams se faufilent entre les bâtiments historiques

Et puis, il y a le temps du Sud. La météo bien sûr, avec un soleil qui réchauffe et qui fait du bien, mais aussi ce rythme de vie qui fait que chaque seconde semble un tout petit peu plus longue qu’ailleurs. Nous passerons une semaine dans la capitale portugaise, accueillis par deux familles au grand cœur et aux situations bien différentes.

P comme Portugal

Au sud de Lisbonne, s’étend la région de l’Alentejo, dont la réputation du vin n’est plus à faire (moins cher que l’essence cela dit). Longer la côte en direction du cap Saint-Vincent est un vrai bonheur!

Au cap Saint-Vincent, extrémité sud-ouest de l'Europe

Au cap Saint-Vincent, extrémité sud-ouest de l’Europe

Très sauvage, l’endroit est couru pour la pêche et pour le surf. Les vagues de l’Atlantique viennent s’écraser sans relâche contre les falaises dans un fracas assourdissant.

Pêche à la ligne sur la côté ouest: loisir ou nécessité?

Pêche à la ligne sur la côté ouest: loisir ou nécessité?

Les vagues portugaises sont parmi les plus grosses au monde. Débutants s'abstenir…

Les vagues portugaises sont parmi les plus grosses au monde. Débutants s’abstenir…

Parsemée de petites plages et de villages de pêcheurs, la côte vit tranquillement à cette saison. Les routes sont peu fréquentées, les autoroutes (payantes) désertes et les gens bien sympathiques. Rien de très développé, rien de très bétonné. Juste des pinèdes, des falaises et l’océan. Superbe!

La force de l'océan Atlantique vient s'écraser sur les falaises de l'Alentejo

La force de l’océan Atlantique vient s’écraser sur les falaises de l’Alentejo

Plus au sud, c’est une autre histoire. L’Algarve est connue de longue date en tant que région de vacances et de villégiature. Plages magnifiques, maisons chics et terrains de golf… Et pendant que les Anglais tapent dans la balle, les Portugais passent leurs journées à la pêche où à la chasse.

Sur les plages de l'Algarve, désertes en cette saison

Sur les plages de l’Algarve, désertes en cette saison

Le Portugal est-il touché par la crise? Sans aucun doute. Manque de travail, difficultés financières, pas de perspective d’avenir pour les jeunes. L’heure est aux désillusions et aux doutes. Etrangement, tout ceci ne semble pas trop les préoccuper. « C’est ainsi depuis des siècles… », nous dira un habitant de la capitale, avec un sourire équivoque.


[1] Etrangement, les attaques sur la ville de Khorog n’ont fait l’objet d’aucune couverture médiatique (elles ont cependant fait bien plus de morts qu’à Boston). Mais au fait, c’est où Khorog???

Ce contenu a été publié dans Portugal, Sur la route. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à P comme…

  1. Admin dit :

    Un grand merci pour tous vos chaleureux messages!
    Ils nous sont précieux et grâce à eux, on avance tous les jours.

    Depuis la publication de cet article, pas mal de kilomètres ont été parcourus.
    Nous avons donc décidé de masquer les commentaires.

    Pour réagir à cet article, le formulaire de contact est à disposition.

    Merci!