Prends de l’élan et plonge!

Plonger en Inde… Prendre son courage à deux mains, bloquer sa respiration, fermer les yeux et faire le grand saut!

Mais avant, il va falloir grimper sur le plongeoir… Et rien que sortir de Leh n’est pas une mince affaire. Frappés par une forme tantrique de jetlag, nous devrons nous y reprendre à trois fois…

Dans la vallée de l’Indus

Importante étape marchande à l’époque des Routes de la soie, Leh est maintenant le centre administratif et touristique du Ladakh. Située à 3’500 mètres d’altitude, cette ville de près de 30’000 habitants bénéficie d’un emplacement superbe sur la rive droite de l’Indus, entourée de montagnes arides.

Couché de soleil sur le fort de Leh, construit sur un éperon rocheux dominant la ville

Couché de soleil sur le fort de Leh, construit sur un éperon rocheux dominant la ville

La vieille ville de Leh, au pied de l'ancien palais royal

La vieille ville de Leh, au pied de l’ancien palais royal

Ancien royaume indépendant, le Ladakh fut, jusqu’au XVIIème siècle, sous influence tibétaine. Cette identité est encore bien vivante au sein de la population, tant au niveau de la religion bouddhiste, que de l’architecture ou du mode de vie.

Le Namgyal Tsemo Gompa, monastère bouddhiste tibétain construit au XVème siècle

Le Namgyal Tsemo Gompa, monastère bouddhiste tibétain construit au XVème siècle

Statue de Maitreya, le bouddha du futur, au Namgyal Tsemo Gompa de Leh

Statue de Maitreya, le bouddha du futur, au Namgyal Tsemo Gompa de Leh

Bien que l’Indus donna son nom à l’Inde, seules quelques centaines de kilomètres du fleuve sacré sont actuellement sur sol indien. Pris en tenaille entre les revendications territoriales pakistanaises et chinoises, la région fait l’objet d’un va-et-vient militaire incessant. Contraste saisissant entre les guerriers d’autrefois et les combattants d’aujourd’hui…

Visages ladakhis lors de la cérémonie d'ouverture du festival du Ladakh

Visages ladakhis lors de la cérémonie d’ouverture du festival du Ladakh

Et si la question du Cachemire pouvait se régler sur un terrain de Polo?

Et si la question du Cachemire pouvait se régler sur un terrain de Polo?

Après plusieurs jours de repos forcé, on tente une escapade en direction de la vallée du Cachemire. Au programme: une demi-douzaine de monastères construits dans des décors somptueux, une route spectaculaire, une nuit à plus de 4’000 mètres et… un retour à Leh pour plusieurs jours de repos forcé.

Un chörten (monument funéraire) devant le monastère de Phyang

Un chörten (monument funéraire) devant le monastère de Phyang

Le monastère de Likkir, caché au fond d'une vallée

Le monastère de Likkir, caché au fond d’une vallée

Abri de fortune pour nuit tempétueuse au Fotu La (4'147 mètres)

Abri de fortune pour nuit tempétueuse au Fotu La (4’147 mètres)

Routes du Ladakh, aussi splendides qu'impressionnantes

Routes du Ladakh, aussi splendides qu’impressionnantes

La vitesse tue! Enfin, surtout celle des autres…

La vitesse tue! Enfin, surtout celle des autres…

Au top?

La route qui relie Leh à Manali, en Himachal Pradesh est réputée pour être une des plus haute au monde. Praticable quelques mois par année, cette « highway » traverse des régions isolées et pratiquement inhabitées. Avec quatre cols à plus de 4’900 mètres, aucun doute possible: il s’agit d’être en forme avant d’enfourcher nos fidèles montures.

Les quelques jours de repos à Leh ont eu l’effet escompté, ou presque. Les premiers kilomètres longent les rives de l’Indus, ponctuées de petits villages surmontés de monastères.

Le Thiksey Gompa, véritable village à part entière, compte parmi les plus grands monastères du Ladakh

Le Thiksey Gompa, véritable village à part entière, compte parmi les plus grands monastères du Ladakh

Le Thekchhok Gompa domine le village de Chemrey, petite oasis de verdure au milieu des pierres

Le Thekchhok Gompa domine le village de Chemrey, petite oasis de verdure au milieu des pierres

Un pont sur l’Indus et l’ascension commence. L’eau et la végétation se raréfient, les villages sont de plus en plus éloignés les uns des autres, la vie perd peu à peu du terrain. Nos forces aussi…

Derrière la porte, l'austérité et la solitude de l'Himalaya

Derrière la porte, l’austérité et la solitude de l’Himalaya

Après trois nuits sous tente à manger des nouilles instantanées à plus de 4’200 mètres, la fièvre ne faiblit pas. La grippe? Le mal d’altitude? Autre chose? On n’en sait rien… mais on ne peut pas rester là, ni aller plus loin. La chaleur et le confort d’une petite pension 200 mètres en contre-bas n’y changeront rien… Retour à Leh, où une infection sera finalement identifiée…

C’est donc sous antibiotiques, en petite forme et les vélos chargés comme jamais (chacun roule avec un vélo faisant l’équivalent de son propre poids) que l’ascension du deuxième plus haut col du monde se poursuit. Lentement, très lentement…

A 5,7 km/h de moyenne, on a le temps d'admirer le paysage!

A 5,7 km/h de moyenne, on a le temps d’admirer le paysage!

Plus que 24 kilomètres jusqu'au col, soit près de 5 heures de pédalage… Nous n'y serons pas aujourd'hui…

Plus que 24 kilomètres jusqu’au col, soit près de 5 heures de pédalage… Nous n’y serons pas aujourd’hui…

Camping de secours à 4'936 mètres, on n'a pas trouvé mieux…

Camping de secours à 4’936 mètres, on n’a pas trouvé mieux…

Après une nuit glaciale, le col apparaît enfin! Instants magiques où chaque coup de pédale nous rapproche du but. Plus qu’une demi-douzaine de kilomètres et le sommet du plongeoir sera atteint…

Tout ceci n'est qu'illusion… La route continue de monter…

Tout ceci n’est qu’illusion… La route continue de monter…

Le Taglang La, point culminant de la deuxième plus haute route au monde. Nous sommes à 17’582 pieds, soit 5’359 mètres au dessus du niveau de la mer. Difficile à le croire mais nous sommes arrivés ici à vélo! L’énergie déployée pour ringuer nos ours jusqu’ici fut à la hauteur de l’émotion ressentie: monumentale! Cependant, une question subsiste: où peut bien être la plus haute route du monde? Pour l’heure, on préfère ne pas le savoir et profiter de la vue.

Venir ici à vélo n'a pas été une mince affaire, mais ce n'est que le premier col…

Venir ici à vélo n’a pas été une mince affaire, mais ce n’est que le premier col…

Chérie, t’as la goutte au nez

Voilà un mois qu’on est en Inde et quatre semaines qu’on n’a pas la forme… De plus, notre « faux rythme » nous impose de camper quasiment toutes les nuits. La journée, le soleil tape fort, l’air est sec et le vent… de face; on roule jusqu’au dernier rayon de soleil avant de monter la tente à la vitesse grand V. La nuit, le thermomètre plonge jusqu’à -5°C dans la tente, autour des -15°C à l’extérieur; impossible de faire quoique ce soit avant le lever du soleil et pas d’autre choix que de dormir avec le filtre et l’eau nécessaire au petit déjeuner.

A l'abri du vent, caché par un mur à mani (mantras gravés sur des pierres)

A l’abri du vent, caché par un mur à mani (mantras gravés sur des pierres)

Appartement de huit mètres carrés avec chambre à coucher, salon-cuisine et jardin infini!

Appartement de huit mètres carrés avec chambre à coucher, salon-cuisine et jardin infini!

En route, on croise quelques relais pour camionneurs ou campements d’ouvriers en charge de l’entretien de la route. Venus du Népal ou des régions pauvres de l’Inde, ces « travailleurs de l’extrême » vivent dans des conditions épouvantables. Les quelques roupies gagnées heure après heure serviront à faire tourner la famille, restée là-bas

Tentes-parachutes pour voyageurs de passage. Ces camps saisonniers seront souvent nos uniques points d'eau

Tentes-parachutes pour voyageurs de passage. Ces camps saisonniers seront souvent nos uniques points d’eau

Travail de titan, exécuté dans des conditions effroyables. La route survivra-t-elle à l'hiver?

Travail de titan, exécuté dans des conditions effroyables. La route survivra-t-elle à l’hiver?

Une des rares sections plates et asphaltées du trajet. Un délice, s'il n'y avait pas eu ce maudit vent de face…

Une des rares sections plates et asphaltées du trajet. Un délice, s’il n’y avait pas eu ce maudit vent de face…

Après être redescendue à 4’500 mètres, la route repart de plus belle en direction du Lachulung La, deuxième et dernier col en dessus de la barre des 5’000. Jour après jour, la route de cesse ne nous surprendre par la beauté et la diversité de ses paysages.

Ascension en pente douce. La rivière, en contre-bas, restera inaccessible…

Ascension en pente douce. La rivière, en contre-bas, restera inaccessible…

Au sommet du Lachulung La, à 5'077 mètres d'altitude

Au sommet du Lachulung La, à 5’077 mètres d’altitude

S’en suit une longue série de montées et de descentes. Plus la route file vers le sud, plus le ciel se charge de gros nuages. Le dernier col d’importance sera d’ailleurs couvert de neige, preuve de précipitations récentes.

Descente à vive allure vers les Gata Loops, une chute de 400 mètres en 21 virages en épingle à cheveux

Descente à vive allure vers les Gata Loops, une chute de 400 mètres en 21 virages en épingle à cheveux

En route vers le Baralacha La, dernier col hors-catégorie avant de redescendre sous les 3'000 mètres

En route vers le Baralacha La, dernier col hors-catégorie avant de redescendre sous les 3’000 mètres

De retour à des altitudes plus descentes, la vie reprend: quelques arbustes tout d’abord, puis des ruisseaux bordés de mousse et, enfin, la forêt. Peu à peu, les villages deviennent plus nombreux et les cultures font leur apparition. L’air, devenu plus humide, se charge des senteurs de plantes aromatiques.

L'heure est à la récolte des pommes de terre. Va-t-on enfin manger autre chose que du riz et des nouilles?

L’heure est à la récolte des pommes de terre. Va-t-on enfin manger autre chose que du riz et des nouilles?

Plonger en Inde… Prendre son guidon à deux mains, respirer à pleins poumons, ouvrir grand les yeux et… repartir de plus belle!

Là où la planche craque…

On aurait pu tourner à droite au croisement, passer le Rohtang La (dont le doux nom signifie « empilement de cadavres »…) et en finir avec cette route de tous les superlatifs. Rejoindre Manali, ses restaurants et ses pensions confortables…

Au croisement, on a pris à gauche… Dans la vallée de la Lahaul, dans le but de rejoindre plus tard les Vallées de Spiti et de Kinnaur. Avec un peu de recul, ce fut absolument extraordinaire, mais sur le moment…

L'entrée dans la Lahaul: paysages de rêve, route praticable et pente douce

L’entrée dans la Lahaul: paysages de rêve, route praticable et pente douce

Quelques kilomètres plus loin: le cauchemar commence…

Quelques kilomètres plus loin: le cauchemar commence…

Quatre jours de caillasse! Avancer sur cette « route » s’avère pratiquement impossible. En une journée complète, vingt-et-un petits kilomètres seront parcourus. Vingt-et-un kilomètres… A peine plus que la distance normalement réalisée en une heure…

Tronçon relativement roulant au cœur de l'Himalaya

Tronçon relativement roulant au cœur de l’Himalaya

Pour la première fois du voyage, la fatigue et le découragement prennent le dessus. Les journées sont épuisantes, les nuits sont éreintantes. L’effort à fournir ne peut être compensé par des repas frugaux et des nuits glaciales. Et ce vent de face… toujours ce vent de face…

Progression difficile dans un décor fantastique

Progression difficile dans un décor fantastique

Le Chandra Tal, lac de haute altitude, un lieu propice à la réflexion

Le Chandra Tal, lac de haute altitude, un lieu propice à la réflexion

Reste à franchir le Kunzum La, dernier col à plus de 4’000 mètres. Dix kilomètres, vingt virages en épingles pour 600 mètres dénivelé. C’en est trop… On n’en peut plus… La tente sera plantée entre les virages 18 et 19, pour une nuit mémorable.

Au pied du mur…

Au pied du mur…

Il arrive parfois qu’on se demande ce qu’on fout là, pourquoi on fait ça. La réponse est une évidence: pour la surprise du lendemain! Le lendemain matin, l’inimaginable se produit. Plus d’une centaine de voitures folles déboulent en trombe devant notre tente!

Le Raid de Himalaya… Tout le contraire d'être raide à vélo. Xtreme…

Le Raid de Himalaya… Tout le contraire d’être raide à vélo. Xtreme…

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Une réponse à Prends de l’élan et plonge!

  1. Admin dit :

    Un grand merci pour tous vos chaleureux messages!
    Ils nous sont précieux et grâce à eux, on avance tous les jours.

    Depuis la publication de cet article, pas mal de kilomètres ont été parcourus.
    Nous avons donc décidé de masquer les commentaires.

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    Merci!