Sauts de puce

Avant de quitter la Suisse à vélo, nous n’avions jamais imaginé aller plus loin que l’Asie centrale. D’ailleurs, aucune de nos cartes ne nous permettaient de voir plus loin que Bichkek. L’Asie centrale… c’est déjà tellement loin! Les jours ont passé et les étapes aussi: Vienne, Athènes, Téhéran… Et maintenant que nous y sommes, il va bien falloir se décider.

En cours de route, inspirés par d’autres cyclonautes, l’idée d’aller en Mongolie est peu à peu devenue une évidence. Traverser le Kazakhstan, faire un peu petit crochet par l’Altaï russe avant de rejoindre les steppes mongoles et pourquoi pas la Chine. Ou pas…

Voyager sans « programme » et sans « destination finale », c’est – avant tout – laisser la place à l’inconnu mais aussi se laisser un maximum de liberté. Liberté de changer de route, liberté d’accélérer ou de freiner, liberté de rentrer… Se laisser la possibilité de faire des choix, de changer de plans en fonction des saisons et des envies. Et, après une année de route, on a besoin de changements.

De changements culinaires tout d’abord. Au cœur du Pamir, nos estomacs ont connu une forme de lassitude fasse à la ration quotidienne de pates-sauce-tomate. Des saveurs d’épices sont venues peu à peu habiter nos rêves nocturnes et diurnes.

Besoin de changements de décors également. Les paysages arides et désertiques traversés depuis l’Iran furent tout autant incroyables que… arides et désertiques. Pi, c’est vrai, le Pamir ne nous aura donné qu’un avant-goût de montagnes. On a envie d’aller voir les hauts sommets enneigés de plus près.

Le visa chinois s’obtenant sur casting et le pakistanais uniquement dans son pays d’origine, c’est donc en avion qui nous rejoindrons l’Inde, pays aux mille saveurs et aux sommets himalayens.

Premier saut de puce, premier choc: faut tout paqueter

Au fil du temps, chaque chose a trouvé sa place sur le dos de nos ours. Devant: les habits de pluie, la boîte à outils, l’appareil photo et la nourriture du jour. Derrière: les pièces de réserve, la trousse de toilette et les habits de rechange. La tente et les affaires de nuit venant compléter le tout dans un sac à dos solidement attaché sur le porte-bagages arrière. Mais comment faire enter tout ça dans un carton?

Ours sur pattes contre ours en boîte. Soyez sages les petits…

Ours sur pattes contre ours en boîte. Soyez sages les petits…

Au final, la balance du guichet d’enregistrement de l’aéroport de Bichkek est formelle: 116 kilos à deux, sans eau et sans nourriture! Dans la catégorie « cycliste », on fait définitivement partie des poids lourds…

Deuxième saut de puce, deuxième choc: New Delhi

Après une escale à Almaty, l’ancienne capitale kazakh, direction New Delhi, la « nouvelle » capitale indienne. Quelques heures de vol pour… arriver dans un autre monde!

On voulait du changement? On est servi!

Fini les immenses boulevards rectilignes bordés de bâtiments rectangulaires.
Fini les parcs verdoyants où l’on vient manger une glace en famille.
Fini les soirées calmes passées à discuter avec d’autres voyageurs de passage.

Place à l’Inde!

« Incredible India! », disait une affiche dans l’ambassade de Bichkek.
« Indescribable India », penserons-nous après 48 heures passées dans la capitale.

Premiers pas en Inde, premières impressions: une foule immense, un trafic pas possible, un bruit infernal, des odeurs à foison et… la mousson.

Dans les rues de Paharganj: manquent le bruit et l'odeur

Dans les rues de Paharganj: manquent le bruit et l’odeur

La mousson est en retard cette année et, fin août, elle déverse encore ses trombes d’eau dans les rues de la capitale. Rapidement, les ruelles se transforment en marécages où seuls les vaches et les rickshaws osent s’aventurer. Notre projet de rouler vers le nord en direction de l’Himalaya tombe à l’eau…

Troisième saut de puce, troisième choc: ici aussi c’est aride et désertique

Leh, capitale du Ladakh. Oasis de verdure dans la vallée de l’Indus. Plus loin: des cailloux, des cailloux et… les sommets enneigés de l’Himalaya.

Le Ladakh vu du ciel: univers de roche et de glace

Le Ladakh vu du ciel: univers de roche et de glace

On y est, l’heure est venue de sortir nos ours de leur boîte et de reprendre la Route!

Changement de décors

Changement de décors

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Une réponse à Sauts de puce

  1. Admin dit :

    Un grand merci pour tous vos chaleureux messages!
    Ils nous sont précieux et grâce à eux, on avance tous les jours.

    Depuis la publication de cet article, pas mal de kilomètres ont été parcourus.
    Nous avons donc décidé de masquer les commentaires.

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