A travers le désert… vert

Pour quitter Téhéran, deux options:
– la route nord, de l’autre côté de la plus haute chaîne de montagnes du pays,
recommandée pour ses paysages et la végétation tropicale qui borde la mer Caspienne;
– la route sud, plus courte, passant par le désert Dasht-e Kavir, réputé pour ses
températures extrêmes et ses tempêtes de sable.

Les Iraniens sont catégoriques: il faut passer par le nord. Mais pour nous, l’attraction du désert est la plus forte… Près de 1’000 kilomètres jusqu’à Mashhad, avec un mercure oscillant entre 25 et 41 degrés.

Refuge d'un autre temps… Combien étaient-ils? D'où venait-ils? Où allaient-ils?

Refuge d’un autre temps… Combien étaient-ils? D’où venait-ils? Où allaient-ils?

Après cinq cents kilomètres d’autoroute, on en peut plus… Bal incessant des camions, chauffeurs qui collent pour faire des photos, contrôles d’identité à répétition et toujours cette même question: atkuda??? [1]

Sur l'autoroute, nous finirons par être pris par l'orage

Sur l’autoroute, nous finirons par être pris par l’orage

Le temps est venu d’expérimenter les petites routes. Petites routes qui s’enfoncent dans le désert, sans trafic, sans village, sans eau et… sans asphalte. Seuls les rails du train nous indiquent la direction à suivre. Nuit dans un caravansérail abandonné, camping au milieu de nul part, tempêtes de sable et… orages monumentaux! Comment ça, il pleut dans le désert? De mémoire d’Iraniens, jamais! Sauf que cette année c’est tout différent et le désert est… vert!

Nuit magique dans un caravansérail en ruine. Ici (se) repose l'esprit des voyageurs

Nuit magique dans un caravansérail en ruine. Ici (se) repose l’esprit des voyageurs

 Vestiges des anciens temps, au milieu du désert vert… et cultivé

Vestiges des anciens temps, au milieu du désert vert… et cultivé

Malgré la pluie, nous prenons rapidement conscience de la valeur de l’eau. Avec quatre litres et demi par vélo, nos réserves nous permettent de tenir une journée. Au-delà, il nous faut trouver une solution. Quatre litres et demi… moins de la moitié d’une chasse d’eau…

Au pays de la soif, en fleurs pour l'occasion!

Au pays de la soif, en fleurs pour l’occasion!

Pour seuls points d’eau, de petites gares le long de la voix ferrée Téhéran-Mashhad. L’eau qu’on y trouve a généralement un petit goût et des effets secondaires non-négligeables… mais c’est toujours avec un étonnement réciproque que quelqu’un nous indique l’emplacement du robinet.

En longeant les rails du train pour Mashhad, par la piste

En longeant les rails du train pour Mashhad, par la piste

Parcourir les régions moins peuplées et moins touristiques d’Iran, c’est aussi l’occasion d’être en contact avec une vision plus conservative de la société iranienne. Au village suivant, alors que nous demandons où trouver de l’eau, on nous offre un toit pour la nuit avec repas et douche chaude! L’incroyable hospitalité iranienne, où le voyageur est traité comme un frère, accueilli en tant que pèlerin, en route pour Mashhad.

Après la chaleur du désert, la chaleur humaine!

Après la chaleur du désert, la chaleur humaine!

Ici, pas de télé-satellite, ni de contournement des interdits. Les discours du président Ahmadinejad passent en boucle sur le petit écran et, dans la chambre du plus grand des enfants, les seuls posters sont les portraits des ayatollahs Khomeini et Khamenei, guides suprêmes de la révolution islamique. Le désert… vert…

Un mollah, croisé en chemin

Un mollah, croisé en chemin

Après douze jours de route, nous arrivons à Mashhad, « lieu où est mort un martyr », très important site de pèlerinage pour les musulmans chiites. Ainsi, chaque année, plusieurs millions de personnes font le déplacement jusqu’au mausolée de l’Emam Rezâ, huitième imam chiite. Venus d’Arabie ou d’Irak, ils sont venus prier et pleurer celui qui, il y a près de douze siècles, est mort en martyr, empoisonné à des milliers de kilomètres de chez lui…

Mausolée de l'Emam Rezâ à Mashhad, deuxième lieu de pèlerinage chiite après la Mecque

Mausolée de l’Emam Rezâ à Mashhad, deuxième lieu de pèlerinage chiite après la Mecque

Dans quelques jours, nous quitterons cet Iran aux mille saveurs, ce pays qui nous a tant offert et tant troublé.

Place de la Liberté, Téhéran

Place de la Liberté, Téhéran


[1] D’où viens-tu? Question légitime, il est vrai, mais posée sans ménagement cinquante fois par jour et sans que la réponse n’ait la moindre importance, ça use…

Ce contenu a été publié dans Iran, Sur la route. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à A travers le désert… vert

  1. Admin dit :

    Un grand merci pour tous vos chaleureux messages!
    Ils nous sont précieux et grâce à eux, on avance tous les jours.

    Depuis la publication de cet article, pas mal de kilomètres ont été parcourus.
    Nous avons donc décidé de désactiver les commentaires sur ce billet.

    Pour réagir à cet article, le formulaire de contact est à disposition.

    Merci!