Entre neige et mer sur la terre des Dieux

Nous quittons l’Albanie par une météo des plus maussades. La frontière grecque est à peine passée que le soleil fait son grand retour, avant de nous abandonner lâchement au cœur d’un nuage des plus opaques…

Devant nous se dresse la dernière difficulté de notre séjour européen: un col à 1’700 mètres. La neige étincelante sur les sommets avoisinants nous laisse imaginer le pire, mais un panneau nous informe que le col est ouvert.

Chic! Le col est ouvert! Y a intérêt: voilà plus de cinq heures qu'on grimpe…

Chic! Le col est ouvert! Y a intérêt: voilà plus de cinq heures qu’on grimpe…

La montée, bien que menteuse, se fait par une route magnifique au trafic quasi nul; l’autoroute en contre-bas absorbant gros camions et autres bolides pétrolivores. Deux jours d’ascension, entrecoupés d’une nuit froide et pluvieuse. Ça sent la neige… Plus que 300 mètres de dénivelé mais une barrière traverse la route: le col est fermé! Tant pis, on tente…

Ah! Ben finalement pas… Mais il sera dit qu'on ne redescendra pas avant d'avoir essayé!

Ah! Ben finalement pas… Mais il sera dit qu’on ne redescendra pas avant d’avoir essayé!

Peu après, nous entrons dans un monde de neige et de glace. Seules quelques traces de pneus nous indiquent que d’autres sont passés par là avant nous… Dans un décor en noir et blanc, un vent violent balaye la route. Les derniers kilomètres de montée sont parcourus à seize à l’heure, malgré les 4% de côte…

Heureusement, la neige est fraiche et l'adhérence reste bonne. Mais la descente risque d'être moins drôle…

Heureusement, la neige est fraiche et l’adhérence reste bonne. Mais la descente risque d’être moins drôle…

Arrivés au col, le vent ne faiblit pas; alors que l’un fait du cerf-volant avec ses pantalons de pluie, l’autre pète un plomb en voyant ses affaires s’envoler… Au loin, recouvert de son manteau d’hiver, le Mont Olympe nous annonce notre arrivée sur la terre des Dieux.

Suspendus entre ciel et terre, les Météores resterons gravés dans nos mémoires. Sur d’immenses blocs de roche, reposent de merveilleux petits monastères; harmonie suprême entre la puissance de la Nature et la force de l’Esprit.

A la découverte des Météores sous un soleil resplendissant

A la découverte des Météores sous un soleil resplendissant

Habités par des ermites depuis près de mille ans, ces rochers servirent de refuge aux moines lors des attaques turques du XIVème siècle. Réputés inaccessibles, vingt-quatre monastères furent construits à bord de falaise, offrant calme et sécurité à leurs résidents. De nos jours, des escaliers ont remplacé les échelles de corde et autres treuilles afin de permettre aux visiteurs de découvrir les six monastères encore en activité. Nous y serons quasiment seuls, par un magnifique dimanche de décembre.

Les énormes formations rocheuses des Météores semblent sortir de terre

Les énormes formations rocheuses des Météores semblent sortir de terre

Le monastère Aghia Triada, posé en équilibre au sommet d'un rocher

Le monastère Aghia Triada, posé en équilibre au sommet d’un rocher

Fin de journée brumeuse sur le monastère de Roussanou

Fin de journée brumeuse sur le monastère de Roussanou

Chaque journée ensoleillée est un cadeau; et ce cadeau est d’autant plus beau lorsqu’il arrive, plie au bon moment, après une longue série de journées pluvieuses. Et Zeus, maître du Ciel et de la Terre, décida de nous faire reprendre la route sous la pluie…

Nous croisons une première fois Athéna sur notre chemin. Dans sa grande sagesse, elle nous convint (non sans peine) de prendre un peu de repos sur l’île d’Eubée, histoire de passer Noël au chaud et au sec dans un petit port réputé pour son eau thermale.

Traverser l'île d'Eubée; ou comment passer de la mer à la neige en une demi-journée. Source: A. Chatziapostolou

Traverser l’île d’Eubée; ou comment passer de la mer à la neige en une demi-journée. Source: A. Chatziapostolou

A Marathon, nous ratons de peu Arès, dieu de la guerre, la légendaire bataille ayant pris fin il y a 2’501 ans. Déçus, nous partons à la poursuite d’Euclès, mais 42,195 kilomètres ne sont pas suffisants pour rattraper vingt-cinq siècles d’histoire…

Mais est-ce bien prudent d’aller à Athènes, alors que les nouvelles débordent d’images d’Hadès, le dieu des enfers, mettant la ville à feu et à sang? Heureusement, Athéna nous a devancé afin de remettre un peu d’ordre dans sa cité.

L'Erechthéion, temple construit sur la partie la plus sacrée de l'Acropole

L’Erechthéion, temple construit sur la partie la plus sacrée de l’Acropole

Vue globale sur l'Acropole avec la Porte Beulé, l'Erechthéion, le Parthénon et, en bas, l'Odéon

Vue globale sur l’Acropole avec la Porte Beulé, l’Erechthéion, le Parthénon et, en bas, l’Odéon

Temple d'Héphaïstos près de l'agora d'Athènes

Temple d’Héphaïstos près de l’agora d’Athènes

Nous rencontrons Déméter (déesse des moissons) et Hestia (déesse du foyer) attablés avec Yiannis [1] et sa famille pour un magnifique repas du Nouvel-An. Bons petits plats et ambiance chaleureuse, l’hospitalité grecque à l’état pur. Nous passerons l’intégralité de notre séjour à Athènes chez Yiannis, cyclo-voyageur, réalisateur de documentaires pour la télévision grecque et photographe de talent (www.yiannisbiliris.com).

Aphrodite (déesse de la beauté) et Apollon (dieu soleil) nous accompagnent pour une semaine de visites dans le Péloponnèse, séparé du contient par le canal de Corinthe. Au programme: la splendeur des sites Antiques sous un soleil divin.

Le canal de Corinthe: 6,3km de long, 21m de large, 79m de haut pour un raccourci de 400km

Le canal de Corinthe: 6,3km de long, 21m de large, 79m de haut pour un raccourci de 400km

Les vestiges du temple d'Apollon à Corinthe, sur fond de Péloponnèse enneigé

Les vestiges du temple d’Apollon à Corinthe, sur fond de Péloponnèse enneigé

Devant le Trésor d'Atrée, à Mycènes

Devant le Trésor d’Atrée, à Mycènes

La Porte des Lionnes de Mycènes, restée visible depuis sa construction vers 1250 AC

La Porte des Lionnes de Mycènes, restée visible depuis sa construction vers 1250 AC

Qu'est-ce qu'on joue ce soir au théâtre d'Epidaure?

Qu’est-ce qu’on joue ce soir au théâtre d’Epidaure?

De retour à Athènes, Hermès (messager des dieux et gardien des voyageurs) nous apporte une belle surprise: Arnaud, le cousin de Valéryne, débarque pour quelques jours dans la capitale, les bras chargés de chocolat et autres pièces de vélo.

Avec Arnaud, au temple de Poséidon, à l'extrémité du Cap Sounion

Avec Arnaud, au temple de Poséidon, à l’extrémité du Cap Sounion

Arnaud arrive, mais Héphaïstos (dieu du feu) s’en va. Le thermomètre plonge, le ciel se couvre et la neige revient. Après deux semaines de pause, il est temps de ressortir les vélos… pour les mettre sur un ferry.

Mais où peut bien se cacher Poséidon? Sous l’eau, évidemment! Et la traversée de la Mer Egée aura été fidèle à sa réputation: six heures de navigation, cinq heures de tempête, les trois-quarts du bateau malades…

Sale temps pour une traversée de la Mer Egée…

Sale temps pour une traversée de la Mer Egée…

Ici s’arrête notre escapade européenne. Demain commence notre séjour en Asie. Sous la neige?

Plus loin, c'est l'Asie! Et nous y serons demain!

Plus loin, c’est l’Asie! Et nous y serons demain!


[1] Comment on a rencontré Yiannis? Via CouchSurfing, un site Internet qui rassemble des milliers de gens ayant pour volonté commune de rencontrer des personnes des quatre coins de la planète en mettant à disposition leur canapé. Vous avez dit « réseau social »?

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Une réponse à Entre neige et mer sur la terre des Dieux

  1. Admin dit :

    Un grand merci pour tous vos chaleureux messages!
    Ils nous sont précieux et grâce à eux, on avance tous les jours.

    Depuis la publication de cet article, pas mal de kilomètres ont été parcourus.
    Nous avons donc décidé de désactiver les commentaires sur ce billet.

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    Merci!