Albanie… sous la pluie…

En quittant Ohrid, notre hôte Valentin nous prévient: « Vous verrez, là-bas, c’est assez intéressant… Y a des déchets partout, les gens ne savent pas conduire et les routes sont dans un drôle d’état ». L’espace d’un instant, on aurait pu croire qu’il parlait de ce son pays, la Macédoine… Sauf que les routes y étaient plutôt bonnes et les chauffeurs courtois.

Nous entrons en Albanie sous un ciel menaçant. Quelques heures plus tard, nous sommes sous la tente à manger du pop-corn, juste avant les premières gouttes. Le tonnerre gronde, la nuit promet d’être humide…

Terrain peu favorable pour nuit pluvieuse

Terrain peu favorable pour nuit pluvieuse

La première « bosse » passée, une longue descente s’offre à nous; sous une pluie battante. Nous traversons des villages sans nom et sans visage, emmitouflés dans un épais brouillard et ruisselants de toute part. Partout, des déchets; partout, des maisons à moitié construites. L’atmosphère est lourde et collante… Et cette pluie qui ne s’arrête pas…

On ne fait que passer…

On ne fait que passer…

Nous passerons la nuit à proximité du lit d’une rivière, jonché de sacs en plastique, de jouets cassés, de bouteilles en verre et j’en passe… Les pates sont prêtes et le vent se lève. Pendant la nuit, la pluie redouble, rendant le sol spongieux. Un coup de vent plus fort que les autres et deux sardines se font la malle. Il faut sortir, sous un rideau d’eau. Il pleut comme rarement… Le ruisseau de la veille fait un bruit assourdissant. Il faut partir, et vite!

Le petit ruisseau est devenu une grosse rivière…

Le petit ruisseau est devenu une grosse rivière…

La descente se poursuit par une température de 17°C. On roule en short et chemise… sous nos vestes et pantalons de pluie. Le trafic des gros axes nous pousse sur les routes secondaires. L’état secondaire de celles-ci nos renvoie sur les gros axes. Nous sommes obligés de nous arrêter à plusieurs reprises, des fronts d’eau réduisant la visibilité à quelques mètres…

Trempés jusqu’aux os, nous trouvons refuge dans une magnifique pension ottomane, alors qu’un torrent de boue déferle dans les rues pavées du centre historique de Berat. La tempête se calme enfin…

Centre historique de Berat, de nuit mais sans étoile…

Centre historique de Berat, de nuit mais sans étoile…

Reprenant la route, nous continuons à descendre sous un soleil radieux. Nous découvrons alors la campagne albanaise: orangers, citronniers, oliviers. Et partout, un signe de la main, une cigarette ou un petit coup de klaxon en signe de salut. Forts de l’expérience de nos nuits précédentes, nous optons pour la sécurité: dormir sous tente mais sous un toit.

Bon, il n’y a pas que des avantages: le sol est dur et froid, on n’est pas protégé du vent ni des regrats des voisins. Mais bon, au moins, on est à l’abri… pour passer notre seule nuit de camping sans pluie…

Camping en appartement

Camping en appartement

Vendredi 9 décembre, après 86 jours de vélo et 5’700 kilomètres, nous atteignons la mer. Manque de bol, c’est pas la bonne 😉

C’est vrai, on y a pensé: prendre un bateau, traverser l’Adriatique, remonter l’Italie, contourner les Alpes avant de boucler la boucle. Mais un autre programme nous attend!

Bord de mer, température douce et sable fin: une météo idéale, qui ne va pas durer...

Bord de mer, température douce et sable fin: une météo idéale, qui ne va pas durer…

Maintenant qu’on est au plus bas, il ne reste plus qu’à remonter! 35 kilomètres plus loin, nous camperons à 1’055 mètres au dessus de la mer, sous une pluie diluvienne…

Y en a marre du camping spongieux! Aller, on plie cette tente et on en parle plus! Mais avant faut bien trouver une solution pour la faire sécher!

Buanderie improvisée dans un couloir d'une pension

Buanderie improvisée dans un couloir d’une pension

Longer la mer à vélo est rarement une activité reposante. Le vent y est généralement violent et la route rarement plate. Ici peut-être moins qu’ailleurs. Près de 3’000 mètres de déniveler sur 130 kilomètres de vent et de pluie. Une succession de béquets à plus de 14%, à la montée, comme à la descente. Soudain, dans un virage un peu plus engagé et détrempé que les autres, c’est la chute. Rien de grave, fort heureusement, mais c’est dans ce genre de cas qu’on est bien contant de se trimbaler un casque…

Les côtes sauvages de la mer ionique

Les côtes sauvages de la Mer Ionienne

Reste un col avant de quitter l’Albanie. 490 mètres, une simple formalité. Sauf qu’on est cuit et qu’on n’est pas aidé: un véritable déluge s’abat sur nous. On trouve refuge près d’une station service; un bus passe… et nous embarque. On n’est pas des héros, on n’est pas des masos. Ou alors juste un peu…

On n'a vraiment pas eu de bol en Albanie, même les parasols ne sont pas étanches…

On n’a vraiment pas eu de bol en Albanie, même les parasols ne sont pas étanches…

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Une réponse à Albanie… sous la pluie…

  1. Admin dit :

    Un grand merci pour tous vos chaleureux messages!
    Ils nous sont précieux et grâce à eux, on avance tous les jours.

    Depuis la publication de cet article, pas mal de kilomètres ont été parcourus.
    Nous avons donc décidé de désactiver les commentaires sur ce billet.

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