Est ou ouest, faut-il vraiment choisir?

Ca y est, notre boussole se déglingue! On avait bien dit « On part à l’Est! », non? Pourtant, depuis le nord de la Roumanie, on ne s’est pas approché d’un poil du soleil levant… bien au contraire. Même Istanbul ne semble plus être sur notre route. Mais l’a-t-elle vraiment été?

Peu à peu, nos ours changent de personnalité. D’abord simple moyen de transport permettant de se mouvoir d’un point A à un point B, ils deviennent peu à peu un moyen de s’émouvoir en découvrant des régions inconnues. Peu importe qu’il faille tourner à droite ou à gauche pour visiter tel ou tel village. Peu importe que la visite d’un monastère implique un « détour » de trois jours. Notre Route fait fi de toute direction, laissant une infime trace serpentant sur une carte.

Se laisser guider par les opportunités, pour que ce soit le voyage qui nous fasse, et non le contraire

Se laisser guider par les opportunités, pour que ce soit le voyage qui nous fasse, et non le contraire

En longeant la frontière grecque, nous traversons un paysage vallonné, où le thermomètre, la route et notre moral jouent au yoyo. Mais bientôt, la magie du vélo nous gagne: loin du trafic, chaque montée nous plonge dans un état semi-conscient où seuls notre respiration et le chant de nos roues [1] viennent troubler un silence magnifique. Nos têtes se vident… pour se remplir à nouveau de paysages fantastiques à chaque nouvelle descente.

Premiers rayons de soleil sur une campagne prise par le givre

Premiers rayons de soleil sur une campagne prise par le givre

Les villages que nous traversons, à majorité musulmane, semblent endormis pour l’hiver. Chaque fois, une bonne odeur de feu de bois s’échappe des maisons; parfois, le chant du muezzin s’échappe du minaret de la mosquée. Seuls quelques habitants, manifestement moins prévenants que les autres, s’affairent encore à réduire de gigantesques tas de bois. Nous sommes hors du temps, loin des préoccupations de l’Union Européenne qui, de toute évidence, ne se préoccupe pas de villages comme ceux-ci.

Le village de Dospat accroché à flanc de colline

Le village de Dospat accroché à flanc de colline

Retour sur l’autoroute. Celle qui mène à Bansko, station de ski autoproclamée « Capitale d’hiver des Balkans ». Ici aussi, l’hiver promet d’être rude. La crise, le surnombre de lits d’hôtel et la neige qui ne vient pas… Allez, on n’a pas les chaînes, alors on file!

Cap plein ouest! Mais vite, car le soleil s'en va et le mercure chute!

Cap plein ouest! Mais vite, car le soleil s’en va et le mercure chute!

Mais impossible de quitter la Bulgarie sans faire un petit crochet par Rila, où ce trouve  le plus grand monastère du pays. Caché au fond d’une vallée, ce monastère, fondé en l’an 927, joua un rôle important pour la sauvegarde de la culture et la religion bulgares pendant l’occupation ottomane.

L'église de la Nativité, au cœur du monastère de Rila

L’église de la Nativité, au cœur du monastère de Rila

Toit caractéristique du monastère de Rila

Toit caractéristique du monastère de Rila

Une dernière nuit dans un hôtel avant de poursuivre plein ouest, vers ce petit pays méconnu qu’est la Macédoine.



[1] Pour en savoir plus sur cette douce mélodie, nous vous recommandons la lecture du premier livre de Claude Marthaler, Le chant des roues, disponible dans les bonnes librairies, en bibliothèque et au Cyclocampeur. Attention, ça peut donner des idées 😉

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Une réponse à Est ou ouest, faut-il vraiment choisir?

  1. Admin dit :

    Un grand merci pour tous vos chaleureux messages!
    Ils nous sont précieux et grâce à eux, on avance tous les jours.

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    Nous avons donc décidé de désactiver les commentaires sur ce billet.

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