Traversée de la puszta hongroise

A l’est et au sud de Budapest s’étant la Grande Plaine, vaste étendue de steppe et de culture. Mais sortir de la sixième plus grande ville d’Europe n’est pas une mince affaire, surtout à vélo…

Nous optons pour la facilité: longer le Danube, à la montée cette fois, et par la rive gauche, histoire de ne pas revenir sur nos traces. A peine 30 kilomètres au nord de la capitale, nous quittons le grand fleuve et, déjà, le paysage devient plus vallonné.

Inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, Hollökö est un petit village traditionnel hongrois. Deux petites rues pavées serpentent entre de magnifiques maisons. L’endroit fait partie des tours organisés au départ de Budapest ce qui le rend un peu plus « propret » qu’il ne devrait l’être, mais en le visitant de bonne heure le matin, nous bénéficions de conditions idéales pour remonter dans le temps.

La poste d'Hollökö, au centre du village préservé

La poste d’Hollökö, au centre du village préservé

Nous poursuivons à travers les forêts des monts Mátra. Trouver un terrain plat et sûr où planter la tente n’est pas une mince affaire, d’autant plus que les chasseurs canardent à gauche à droite. Plus nous montons, plus l’air se rafraîchit. A proximité du Mont Kékes, point culminant du pays avec ses 1’014 mètres, quelques gouttes de pluie viendront humidifier le sol craquelé de la région. Ce seront les seules précipitations de notre traversée de la Hongrie.

La pente douce de la route nous offre de belles parties de slalom entre nids de poule et autres « surprises » avant de remonter vers la colline suivante. Ce soir, nous montons la tente sous les étoiles, à côtés de vignes prêtes à être vendangées et nous nous endormons, ivres de tous ces paysages.

Couché de soleil sur une colline viticole près d'Eger

Couché de soleil sur une colline viticole près d’Eger

A la recherche d’une douche dans un camping, nous arrivons sur une enclave germanique où coagulent une douzaine de caravanes, attirées par la clinique dentaire toute proche et… des bains thermaux. Ici, tout est en allemand et nous abaissons drastiquement la moyenne d’âge. Le programme quotidien est le suivant: dentiste le matin, bains l’après-midi, grosse bouffe et TV le soir. Et ce, pendant deux à trois semaines… Nous tiendrons 48 heures…

Rien de tel que les bains thermaux pour se remettre après de grosses journées de vélo

Rien de tel que les bains thermaux pour se remettre après de grosses journées de vélo

De petites routes de campagne nous permettent de découvrir de petits villages isolés, où chaque maison possède son puits, son chien de garde et un banc au bord de la route. Certaines ont le toit fait de roseaux, d’autres ont du piment qui sèche aux fenêtres. Mais toutes ont un point commun: l’altitude!

La puszta, véritable paradis ornithologique, est plate à perte de vue. Aujourd’hui, nous avalerons près de 90 kilomètres à une altitude oscillant entre 94 et 102 mètres. Seul un vent de face tenace nous empêchera de faire péter la moyenne.

35 kilomètre de ligne droite: du plat, du plat et du vent de face

35 kilomètre de ligne droite: du plat, du plat et du vent de face

Le nom des villes hongroises n’est pas toujours évident… Celle-ci s’appelle Hajdúböszörmény, et comme toutes les villes du pays, elle dispose de ces centres commerciaux de périphérie. Parking 800 places, bus navette pour le centre ville, une bonne vingtaine de caisses. On est samedi, 17h00, ça s’annonce plutôt mal. Mais l’endroit est désert! A peine une quinzaine de clients! A quoi cela rime-t-il? La stratégie semble claire: cannibaliser à court voire moyen terme les épicerie de quartier en offrant tous les produits de consommation possible et imaginable. L’époque où l’on allait faire ses courses à pied semble toucher à sa fin…

Notre traversée de la puszta hongroise se termine par la découverte de charmantes petites églises, dans une région oubliée, coincée entre l’Ukraine et la Roumanie. Si les plus grandes sont catholiques, de petits joyaux calvinistes ont survécu au temps et aux époques. Mais ces édifices sont généralement fermés… et tout le charme est de trouver la clé.

Eglise calviniste de Kakos, construite en 1766

Eglise calviniste de Kakos, construite en 1766

Derniers coups de pédales et nous voilà à la frontière roumaine. Nous aurons désormais une heure d’avance sur vous…

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Une réponse à Traversée de la puszta hongroise

  1. Admin dit :

    Un grand merci pour tous vos chaleureux messages!
    Ils nous sont précieux et grâce à eux, on avance tous les jours.

    Depuis la publication de cet article, pas mal de kilomètres ont été parcourus.
    Nous avons donc décidé de désactiver les commentaires sur ce billet.

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    Merci!