Schtöckr!

« Jeder der diese Strecke bewältigt ist Glocknerkönig »

Voilà ce qu’on peut lire sur la carte des tours à vélo de la région du parc national autrichien au sujet de la Grossglockner Hochalpenstrasse.
Mais, dans les Alpes, ne devient pas Roi qui veut…

Zell am See, sept heures trente du matin. C’est à la météo de faire atout.
Pique, double. Passe mal…

Le jeu n’est pas clair… Après quelques gouttes pendant la nuit, le météo décide de commencer tranquille avec la dame de cœur, histoire de nous convaincre de ne pas abandonner tout de suite.

Nous partons donc plein Sud où miroitent encore quelques rayons de soleil sur les flancs des plus hautes montagnes d’Autriche.  Les premières plies sont à notre avantage et nous arrivons rapidement au pied de la Grossglocker Hochalpenstrasse.

Inaugurée en 1936, cette route nécessita cinq années de travaux. La montée du versant nord, d’une longueur de 20,1 km, impose un dénivelé de 1’644 mètres avec des passages à plus de 12%.

A peine engagés dans cette montée infernale que la météo sort les grosses cartes.
L’as d’atout annonce le pire: vas-y que je te mets un peu de pluie.
Puis vient le nell: et tiens, voilà du brouillard!

Alors que la pente s'accentue, la météo se gâte sérieusement

Alors que la pente s’accentue, la météo se gâte sérieusement

Notre moral est touché, le doute s’installe. Faut-il poser son jeu et redescendre? Et dire que la vue pourrait être magique… Mais nous ne nous laissons pas abattre et repartons de plus belle. La pluie aussi…

Progressant dans une quasi obscurité, nous poursuivons nos efforts à coup de demi-plaque de chocolat. La donne semble perdue, mais redescendre après tant d’efforts et sous cette pluie parait impossible.

Il reste trois plies, et autant de virages avant le col. Valéryne, restée en retrait me rejoint et me souffle à l’oreille: « Tu sais, on est encore assez loin de nos limites ». Aurait-elle le reste des atouts?

Mais lorsque nous atteignons le col, c’est la météo qui coupe un as avec le bauer et une chute impressionnante de la température s’en suit. La fin du calvaire? Malheureusement pas. Reste à trouver un refuge pour la nuit…

Un panneau indique une cabane à deux kilomètres. En fait, il n’y en aura que 1,8… pour un dénivelé de 365 mètres! Alors que je mets pieds à terre, Valéryne pose son jeu: Dame et Roi d’atout. Nous sommes en haut, à 2’752 mètres d’altitude!

Douche chaude, gros plat de pates et lit moelleux feront office de cinq de der.

Arrivée à l'Edelweisshütte après 5 heures et quart de route et 1'774 mètres de dénivelé

Arrivée à l’Edelweisshütte après 5 heures et quart de route et 1’774 mètres de dénivelé

Le lendemain, la météo, mauvaise perdante, donne tout ce qu’elle peut. La journée commence par un semblant d’éclaircie avant de nous plonger dans un épais brouillard.

Plus on attend, plus la météo se dégrade...

Plus on attend, plus la météo se dégrade…

Puis c’est une tempête de grêle qui s’abat sur la cabane. Le thermomètre ne cesse de descendre et la pluie tourne peu à peu en neige.

Alors que tout le monde se prépare à aller dormir, la neige tombe à gros flocons

Alors que tout le monde se prépare à aller dormir, la neige tombe à gros flocons

Le jour d’après, la cabane se réveille couverte d’un manteau de neige. Si ça ne fond pas rapidement, nous serons coincés un jour de plus, toute descente étant exclue sur une route détrempée et glissante. A l’heure du déjeuner, la vue, pourtant réputée majestueuse, reste de ouate…

Le Grossckloner, dont le sommet culmine à 3'978 mètres, reste invisible

Le Grossckloner, dont le sommet culmine à 3’978 mètres, reste invisible

Mais soudain, les nuages se dissipent et laissent entrevoir les derniers virages gravis l’avant-veille.

Les derniers virages de la Hochalpenstrasse vus depuis l'Edelweissspitze

Les derniers virages de la Hochalpenstrasse vus depuis l’Edelweissspitze

Ni une ni deux, nous sautons sur nos ours pour entamer une descente vertigineuse de plus de 1’700 mètres avec des passages à 65 km/h.

Le soleil brille enfin sur la cabane

Le soleil brille enfin sur la cabane

Les pavés des premiers virages en épingle sèchent au soleil

Les pavés des premiers virages en épingle sèchent au soleil

Arrivés de l’autre côté de la Hochalpenstrasse, il nous reste plus qu’à faire du ferroutage afin de retourner auprès de la Salzach et de nous « laisser glisser » jusqu’à Salzburg. Un détour de plusieurs dizaines de kilomètres avec à la clé ce qui sera sans doute notre plus haut col européen. Un détour pour rien? En aucun cas!

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Une réponse à Schtöckr!

  1. Admin dit :

    Un grand merci pour tous vos chaleureux messages!
    Ils nous sont précieux et grâce à eux, on avance tous les jours.

    Depuis la publication de cet article, pas mal de kilomètres ont été parcourus.
    Nous avons donc décidé de désactiver les commentaires sur ce billet.

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    Merci!